Budget familial : les parents témoignent

Pour la 4e édition de son Observatoire des familles, le réseau Unaf-Udaf-Uraf consacre son enquête au pouvoir d’achat des familles. Réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer, elle a aussi été déclinée dans 48 départements et 11 régions auprès de 8 000 parents, dont 206 de Seine-Maritime.

206 parents seinomarins racontent comment ils arbitrent, renoncent et s’organisent pour leurs enfants

Dans un contexte marqué depuis 12 ans par une forte chute de la fécondité, la question des freins matériels à la réalisation du désir d’enfants doit être posée. Le réseau Unaf-Udaf-Uraf a donc voulu questionner les parents eux-mêmes pour documenter la charge financière liée aux enfants, mettre en lumière les stratégies qu’ils mettent en œuvre pour gérer le budget familial et connaitre leurs attentes de soutien de la part des politiques publiques.

Consulter l’enquête nationale

Un budget familial de plus en plus tendu

Un coût de l’enfant élevé, perçu différemment selon les âges de la vie

Face aux frais, une double stratégie : hausse des revenus et baisse les dépenses

Face à la charge financière liée aux enfants, les parents ne restent pas passifs et élaborent des stratégies actives qui visent à la fois les dépenses et les ressources.   

Concernant les dépenses, la revente d’objets est la 1ère solution mise en place par 46 % de l’ensemble des parents. Plus d’un quart des familles ont également recours aux découverts bancaires pour financer leurs dépenses. 69 % des parents sont à la recherche de promotions, et 55 % achètent des produits de seconde main. La contrainte financière a des conséquences potentiellement négatives : 47 % des parents renoncent à l’achat de produits pourtant utiles, notamment dans notre département. Ils renoncent aussi à la qualité.

Concernant les ressources, 58 % des parents cherchent à augmenter leurs revenus disponibles pour leurs enfants : recours aux heures supplémentaires (33 %), passage à temps plein (32 %), prise de responsabilité professionnelle (28 %). 23 % ont pris une activité salarié supplémentaire. Le recours à l’épargne est cité par 44 % des parents.

Afin de limiter les frais de garde de leur enfant, plus de la moitié des parents ont été contraints de se rendre plus disponibles : 42 % ont aménagé leur vie professionnelle et 21 % ont arrêté ou réduit leur activité professionnelle, dans l’enquête nationale on voit d’ailleurs que ce sont surtout les femmes.

Une aide publique vécue comme nécessaire 

Face à la charge d’enfants, les parents développent des stratégies privées très actives mais regrettent un soutien public insuffisant et beaucoup renoncent à réaliser leur désir d’enfants, confirmant ainsi l’impact très probable des contraintes matérielles sur la démographie.

Ce qu’en retient le réseau Unaf-Udaf-Uraf

  1. Une tension budgétaire spécifique et croissante : non seulement la part de parents qui disent ne pas pouvoir préparer l’avenir de leur enfant augmente, mais on observe des pratiques de désépargne, de découvert bancaire pour faire face aux dépenses familiales courantes. Autant de signes qui confortent notre réseau dans son combat contre les frais bancaires, pour la protection des consommateurs, le développement de l’accompagnement budgétaire.
  2. Gagner plus, dépenser moins : pour faire face à la contrainte financière, les pères sont davantage mobilisés sur l’augmentation des revenus par le travail et les mères sur la réduction des dépenses et des coûts, y compris en sacrifiant leur emploi pour réduire les frais de garde. Un arrangement familial impossible pour les familles monoparentales, sous tension entre travail et manque de moyens.
  3. Tous les postes pèsent, tous les âges coûtent : mais, plus encore, le logement, la petite enfance et l’adolescence. C’est pour l’Unaf, un encouragement à continuer son action en justice contre la suppression du décalage pour âge des allocations familiales, à dénoncer le poids croissant pour les familles du coût des modes de garde et pour mieux comprendre les ressorts de la contrainte du logement familial.
  4. Alerte pour les pouvoirs publics et responsabilité parentale : les parents sont conscients du coût de la charge d’enfant et s’organisent pour y faire face. Ils réorientent leurs priorités pour donner le meilleur à leurs enfants. Mais ils alertent très majoritairement, et quel que soit leur milieu, sur l’insuffisance des soutiens publics et confirment que la contrainte budgétaire ne leur permet pas de réaliser leur désir d’enfants.

La question du pouvoir d’achat concerne tous les Français mais elle se pose avec beaucoup plus d’acuité pour les parents car les enfants représentent un coût de moins en moins compensé par les soutiens publics. Les résultats de cet Observatoire des familles éclairent de façon inédite les stratégies des familles pour gérer leur budget contraint par les charges d’enfant. La parole des parents et leurs réalités de vie doivent conduire à mieux accompagner les familles en évitant lors des choix budgétaires pour 2027, des décisions publiques destructrices notamment dans le champ des prestations familiales. Par ailleurs, le réseau Unaf-Udaf-Uraf sera force de propositions, lors des prochaines échéances électorales, pour améliorer la vie des familles.

* Une personne en couple avec 2 enfants à un niveau de vie médian inférieur de 4 521 € par rapport à une personne vivant en couple sans enfant. Source : Repss Famille 2025.