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Délégué au prestations familiales

Alex Farieux,

Délégué aux prestations familiales

"Etre délégué aux prestations familiales, c’est être aux premières loges de situations parfois difficiles. Comme tous les travailleurs sociaux, il nous faut prendre du recul".

Quel est votre parcours ?

« Lycéen, je me voyais devenir infirmier. J’ai toujours su que j’exercerai un métier de contacts, d’échanges, j’avais envie d’aider, d’être utile. Mais mes lacunes en mathématiques ont eu raison de ce projet ! Je me suis naturellement orienté vers les métiers du social, et c’est à l’occasion d’un stage que j’ai découvert l’Udaf. J’ai réalisé plusieurs remplacements dans différents services du pôle Famille pour finalement être embauché en 2016 au sein du service des mesures judiciaires d’aide à la gestion du budget familial (MJAGBF). »

Quelle est la mission d’un délégué aux prestations familiales ?

« Le délégué est un travailleur social mandaté par le juge des enfants afin de gérer les prestations familiales des parents qui rencontrent des difficultés dans l’administration de leur budget. Cette mesure est prononcée pour 2 ans maximum et est reconductible. Elle vise à protéger les enfants. L’Udaf perçoit en direct les allocations familiales, l’allocation enfant handicapé voire le RSA quand le parent est seul et que l’enfant a moins de 3 ans.

Au-delà du budget, le délégué a aussi un rôle de conseil auprès des parents dans leur gestion administrative et éducative. Chaque année, il transmet au juge un rapport qui fait état de la mesure.
J’accompagne à ce jour 33 familles. Chaque mois, je leur rends visite à domicile. Nous faisons ensemble le point sur les factures à régler, les autres dépenses à prévoir. Les parents continuent de percevoir leurs salaires s’ils travaillent et leurs prestations sociales. Nous nous mettons d’accord sur ce qu’ils prennent en charge et sur les factures qui seront réglées par l’Udaf.
Parce qu’avoir un toit sur le tête est une priorité pour les enfants, je peux être amené à régler non seulement la cantine ou les activités extra-scolaires mais aussi le loyer, dans la limite des allocations perçues. Nous évoquons ensemble les difficultés rencontrées dans le quotidien et tentons de trouver des solutions. Ces familles bénéficient souvent d’autres mesures d’accompagnement, je travaille donc en concertation avec les éducateurs, les travailleuses familiales mais aussi les bailleurs, les banques alimentaires…
Cette mesure n’est jamais simple à accepter et génère souvent beaucoup d’incompréhension. Lors du premier rendez-vous, j’essaie de rassurer et j’insiste sur le fait que c’est un travail que nous mènerons ensemble.

Les familles accompagnées sont fragilisées par un parcours de vie souvent difficile et la plupart ne perçoivent que les minimas sociaux. Les situations sont fréquemment aggravées par le surendettement, la monoparentalité, l’isolement et parfois les addictions. Il me tient à cœur de leur faire comprendre que la mesure n’est pas punitive mais qu’elle constitue une chance d’être aidé pour reprendre les rênes de la gestion familiale. En général, les choses se passent bien.
Etre délégué aux prestations familiales, c’est être aux premières loges de situations parfois difficiles. Comme tous les travailleurs sociaux, il nous faut prendre du recul. Quand un de nos collègues est en difficulté technique ou émotionnelle, notre Groupe Ressource se réunit afin de trouver des solutions collectives. Nous sommes très solidaires. »

Quelle est la principale qualité que requiert votre métier ?

« Aimer les gens dans leurs différences. »